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 "Georges était beau, Georges était grand, Georges était fort et courageux : Un valeureux chevalier du temps jadis ! Pas de doute George était était bel et bien le plus charmant, le plus valeureux jeune homme de toute la contrée alentour et pas une jeune fille, princesse ou villageoise, qui n'ait pas souhaité le rencontrer ou simplement le voir jouter lors d'un des innombrables tournois organisés par les seigneurs du coin. Des tournois amicaux qui débutaient dès la fin de la mauvaise saison en mars et où se rassemblaient tous les vaillants jeunes nobles du royaume. Quel spectacle que tous ces oriflammes aux couleurs chatoyantes, ondulant dans la brise printanière !"

[...]

  "_ « Le bon soir, jeune prince. Que me vaut une visite aussi tardive ? », lui demanda-t-il tout en lui désignant la table dressée pour le dîner.

Georges lui fit part de son désir et de la raison de son voyage, si loin du château de Lydda.
_ « Voilà qui est bien courageux mais bien téméraire aussi. Sache que nul, jusqu'à présent, ne pût vaincre cette créature que l'on dit redoutable et invincible. De plus, je dois avouer que personne n'a su me confirmer si elle existait réellement ou si elle n'était que légende... »
Ils devisèrent ainsi un long moment, tout en dégustant des volailles rôties accompagnées de légumes du potager, jusqu'à ce que Georges, tombant de fatigue, n'aille s'écrouler sur le lit préparé à son intention. A l'aube, frais et reposé, revoilà notre ami sur pieds et fin prêt à reprendre la route !"

[....]

Il scrutait les lieux quand, soudain, il entendit un cri qui résonna dans l'air calme. Un cri ou plutôt un sanglot qui ne pouvait pas être le vagissement d'un dragon ; c'était un être humain qui pleurait ainsi. Serait-ce la princesse ? Elle était donc encore en vie ! Cependant, pourquoi n'avait-elle pas été dévorée et avalée toute crue ? Georges n'eut pas le temps de s'interroger davantage ; il sortit brusquement de ses réflexions car, au cri de la jeune fille, succéda un grognement bien plus terrifiant : le feulement sourd du dragon !

Viviane n'en menait pas large et s'agitait, en dépit des encouragements de Georges.

_  Animal maudit, démon, sors de ton antre ! Ose venir à moi, Georges, preux chevalier, fils du seigneur de Lydda, hurla Georges.

Avait-il compris les paroles de Georges ou était-il perturbé et intrigué par le bruit ? Quoi qu'il en soit, dans un grand mouvement d'air, le dragon finit par se présenter au seuil de la caverne. Il était vraiment énorme et pesant, le corps entièrement recouvert d'écailles brillantes et avec deux ailes plantées dans le dos, bizarrement très petites par rapport à sa taille imposante, et qui ne lui permettaient sûrement pas de voler. Deux yeux globuleux et injectés de sang lancèrent un regard glacial et menaçant au jeune homme qui venait de le déranger dans sa sieste. Vraisemblablement, il n'était pas content du tout. Viviane recula prise de panique à l'idée de se faire dévorer elle aussi. Georges brandit sa lance alors que le dragon, l'ayant repéré, s'avançait d'un pas lourd.

Il était vraiment impressionnant et, à bien le considérer, il était bien trop puissant pour que Georges ait la moindre chance en l'attaquant de front. Comment faire ? Il fallait ruser...

Et vite ! Tout serait une question de rapidité. Le jeune homme recula et laissa venir le dragon, grognant et soufflant, afin de l'éloigner le plus possible du trou où était prisonnière la princesse."

 

 

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Interview réalisée par Flora des Editions Edilivre 

 

D'où vous vient votre goût pour l'écriture ?

Je crois que j'ai toujours aimé écrire, comme j'ai toujours aimé lire. Adolescente déjà, je racontais des contes et légendes à mes jeunes frère et sœur. Outre l'évasion, c'est également un moyen, pour moi, de partager ma passion pour l'histoire médiévale.

Présentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?


Georges est la première nouvelle éponyme d'un recueil que j'envisage d'écrire. Son héros, Georges, est un jeune chevalier, fraîchement adoubé, qui ne rêve que d'aventures merveilleuses, nous entraînant à sa suite vers des horizons exotiques. Il ne faut pas que l'histoire se passe dans un lieu trop familier car cela manque d'attrait et ne favorise pas l'imagination du lecteur.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Il y a longtemps que j'envisageais d'écrire sans oser le faire. Après deux premiers ouvrages de réflexions et de témoignages issus de mon expérience personnelle, j'ai tout simplement eu envie de m'engager dans ce qui m'attirait le plus : la littérature jeunesse, car on doit toujours garder en soi le cœur d'enfant qui croit même à l'improbable. Mais surtout parce que j'ai longtemps travaillé avec les jeunes et que rien ne me semble plus beau que le sourire d'un enfant. A mon avis, les livres peuvent y contribuer car ils sont aussi source d'émerveillement.

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?


Dire que son livre a toutes les qualités serait très orgueilleux et je ne tomberai pas là-dedans ! Cependant, j'ai essayé de faire en sorte que Georges puisse être lu par tous, du plus grand au plus petit : l'écriture y est simple, vive et imagée (ce qui pallie l'absence d'images ou de dessins) et très facile à comprendre, y compris par les plus petits. Cependant, simple ne veut pas dire simpliste car j'ai effectué pas mal de recherches, notamment au niveau des noms propres et des localités. Pareillement, l'histoire n'est pas totalement imaginée et inventée (même si c'est en grande partie le cas), je me suis inspirée des aventures de saint Georges, desquelles j'ai tenu à conserver certains éléments comme le dragon, la princesse mais aussi l'humilité du personnage. En fait, la Bible regorge d'histoires adaptables au conte car elles en ont toutes les caractéristiques essentielles : le bon, le méchant, la fin heureuse... Néanmoins, il ne s'agit pas là d'une histoire religieuse mais bel et bien d'un conte pour les enfants !

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?


Aucun message particulier, si ce n'est peut-être celui de l'humilité face aux réussites, aux exploits quels qu'ils soient et qui peuvent nous rendre un peu trop fiers et imbus de nous-mêmes. Heureusement que, tous, nous en avons mais inutile de trop s'en glorifier !

Où puisez-vous votre inspiration ?


Dans la Bible mais surtout en moi. Une fois choisis et lancés, mes héros évoluent tout seuls, je n'ai plus qu'à les laisser vivre. Quand j'entame une histoire, je suis incapable d'en dire la fin, les épisodes s'enchaînent spontanément les uns après les autres au fur et à mesure que j'écris.

Quels sont vos projets d'écriture pour l'avenir ?


Suite à Georges, quatre autres nouvelles vont paraître. J'envisage d'en écrire une dizaine pour former un recueil. Toutefois je tiens aussi à ce que chacune paraisse indépendamment des autres car tout lecteur doit avoir la possibilité de n'en acheter qu'une ou deux selon ses envies. De plus, toutes mes nouvelles peuvent ne pas lui plaire...

Un dernier mot pour les lecteurs ?


Une passion ne peut se garder pour soi sinon elle meurt ! Écrire me permet donc de communiquer au plus grand nombre ce qui me passionne et m'anime.
Lire, c'est s'étonner, se laisser surprendre et... partager, donc étonnez-vous et étonnez les autres !